Après une licence en chant lyrique au Conservatoire Royal de Bruxelles (CRB) dans la classe de Marcel Vanaud, le baryton belge intègre celle d’Alain Buet au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSM) dont il est diplômé en 2015.

Approchant initialement le chant par la musique ancienne et baroque, il bénéficie de conseils de grands maîtres tels que Howard Crook, Peter Kooij, Robert Expert, Claire Lefilliâtre, Vincent Dumestre, Greta De Reyghere, Hervé Niquet, Stephan Van Dyck, Philippe Huttenlocher, Michel Laplénie, Kenneth Weiss, Jean-Claude Malgoire. Il chante en soliste dans plus d’une centaine de production sous la direction de Philippe Pierlot, Paul Agnew, Lionel Sow, Michel Piquemal, Damien Guillon (Le Banquet Céleste), Jean-Marc Aymes (Concerto Soave), Frédérick Haas (Ausonia), Denis Raisin Dadre (Doulce Mémoire) à l’Arsenal de Metz, Saint-Eustache, Notre-Dame de Paris, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles ou encore à la Cathédrale de Bruxelles dont il est l’invité régulier. Il se produit dans de nombreux festivals de musique ancienne comme Mars en Baroque, La Chaise-Dieu, Sablé, Utrecht, Ambronay, Namur, Brême.

Dans le répertoire opératique et plus tardif, Romain Dayez se perfectionne avec Thierry Migliorini, Janina Baechle, Nadine Denize, Janine Reiss et Olivier Reboul. Il chante sous la baguette de Marc Minkowski (Musiciens du Louvre), Lucas Macias Navarro (Orchestre de Paris), Samuel Jean (Orchestre Régional Avignon Provence), Pierre Dumoussaud (Orchestre National des Pays de la Loire), Amaury du Closel, et, dans le cadre de son cursus au cnsmdp, Marco Guidarini, Alexandre Piquion, Alain Altinoglu. Il chante dans de nombreuses maisons comme l’Opéra de Wallonie, de Metz, Tours, Nantes, Angers, Reims, Rouen, Palerme, Bordeaux, Montpellier, Paris (Palais Garnier), ou encore à la Philharmonie de Paris, au Théâtre Impérial de Compiègne, au Théâtre de l’Athénée, à la Maison de la culture d’Amiens, au Théâtre National de Marseille, au Palais de Tokyo ou au Lynch Theater de New York. Il travaille avec des metteurs en scène comme Paul-Emile Fourny, Emmanuelle Cordoliani, Florent Siaud, Rémy Barché, Laurent Pelly. Il collabore avec de nombreuses compagnies comme Les Frivolités Parisiennes, Les Brigands, La Chambre aux Échos, Miroirs étendus, le collectif Io, Opéra Nomade, ou encore l’organisme du Palazzetto Bru Zane. En comédie musicale ou cabaret, il travaille avec Vincent Vittoz, Ned Grujic ou Jean-Philippe Delavault, au Théâtre du Châtelet, au Palais des Congrès de Paris, au Comédia, à Forest National ou dans les Zéniths de France avec la tournée des Misérables.

Le soliste s’intéresse de près à la musique française et se produit avec des pianistes comme Jeff Cohen, Cyrille Lehn, Paul Beynet, ou des organistes comme Jean Guillou et Xavier Deprez. Il bénéficie des conseils de mélodistes comme Zeger Vandersteene, Margreet Honig, Lionel Peintre, Anne Le Bozec, Susan Manoff… Il donne des récitals au Petit Palais, aux Invalides, au Ritz, à la Salle Gaveau et est l’invité du Juillet Musical d’Aulne, des Festivals de Radio France, de Flandres, de Wallonie, de Rocamadour, d’Avignon, du Haut Limousin, de Deauville (pour lequel il conçoit un concert-lecture avec l’écrivain Benoît Duteurtre), des Nuits Musicales de Seneffe, de Song in the City (Londres), du Marais Chrétien et du Bergen International Festival (Norvège).

Il aborde régulièrement la musique contemporaine (une trentaine de créations mondiales) et a eu la chance de travailler avec des compositeurs comme Kaija Saariaho, Graciane Finzi, Michel Lysight, Philippe Boesmans, Jacques Leduc, et des chefs comme Jean-Philippe Wurtz (OLC), Clément Mao-Tacaks (Secession Orchestra), Jean-Paul Dessy (Musiques Nouvelles), Thomas Van Haeperen (Sturm und Klang), Tito Ceccherini, John Rutter, Catherine Simonpietri. Dans le cadre des projets crossover, il collabore avec des plasticiens comme Ayoung Kim, Tal Isaac Haddad, Xavier Veilhan, Jacques Perconte, Caroline Chariot-Dayez, avec les réalisateurs Renaud de Putter, Victor Toussaint, et avec les chanteurs Mélanie de Biasio (jazz), Gaël Faye (rap), Sara Hamidi (chant iranien) et Hélène Delavault (cabaret) avec laquelle il travaille en duo depuis trois ans. Il participe à diverses manifestations pluriartistiques comme les Nuits du Botanique, les Nocturnes du Louvre, la Nuit des Musées.

Dans le cadre du projet qu’il a fondé et dont il est directeur artistique, Le Rapt Invisible, il se produit à la Biennale de Venise, la Nuit de Lumière, la Nuit sacrée (Saint Merri), Toulouse les Orgues (Couvent des Jacobins), Musiq3 (Abbaye de la Cambre), La Semaine de la Voix (Arsonic), ou encore à Saint-Sulpice, à l’Agence Nationale pour les Arts Sacrés et à la Cité de la Musique. Le projet est représenté par les agences artistiques Artmedeo (Yann Ollivier) et Anteprima (Marine Pierrot).

Le baryton belge Romain Dayez naît à Bruxelles en mars 1989. Né dans une famille comptant artistes, collectionneurs, critiques ou directeurs culturels, il a la chance de faire la connaissance de personnalités qui l’incitent à faire de l’art son métier et qui lui font découvrir de nombreux courants artistiques. Avant de se lancer professionnellement dans le chant, il s’essaye à diverses formes d’expression, musicale (cornemuse, piano, clarinette), théâtrale, mais également plastique en réalisant plusieurs expositions individuelles à Bruxelles, Paris et Londres. Prenant conscience que l’excellence nécessaire à chacune de ces expressions artistiques impose de développer des aptitudes techniques solides et que le touche-à-tout l’empêche de se concentrer sur une discipline en particulier, il se voit contraint – c’est bien le mot – d’en choisir une pour en faire son métier. Il entame en 2007 une formation professionnelle pour devenir chanteur lyrique.

Pour répondre à un désir de créer qui ne va pas nécessairement de pair avec le métier d’interprète, le chanteur s’oriente spontanément vers de nouvelles formes, des œuvres et styles peu référencés ou des adaptations, parfois taillées sur mesure, lui offrant une marge de manœuvre assez large dans l’interprétation – et parfois même dans la vocalité à proprement parler -, tels la musique médiévale, baroque, contemporaine, l’opérette, la chanson ou le théâtre musical. Concernant l’incarnation des rôles, il enfile la tenue des rois, des séducteurs, des salauds, mais principalement celle des clowns qu’il incarne avec naturel. Passionné par le monde animal qu’il connait bien par son passé d’éleveur et son intérêt pour la taxidermie, il s’intéresse de près à l’éthologie et y voit un foyer inépuisable d’idées pour nourrir son jeu et enrichir sa corporalité ; son mémoire au CNSM a pour sujet L’animalité en scène – enjeux, applications et finalités de l’emprunt animal dans les arts de la scène.

Très critique et dubitatif quant au rôle des concours d’artistes-interprètes qu’il considère comme contraires à l’éthique de l’art et qui prennent malheureusement de plus en plus de place au devant de la scène musicale, incitant ainsi les jeunes à s’y présenter souvent à contrecœur, pour un public souvent plus friand de compétition que de musique, et dans le même sens que Debussy qui ne les réserve qu’aux chevaux, il n’en présente pas un seul et tâche de se tracer un chemin libre et parfois en marge du « monde lyrique ».
Etant passionné par le travail avec des créateurs de tous horizons, il participe à de nombreuses productions atypiques et à une trentaine de créations mondiales, dans lesquelles il s’associe parfois à des plasticiens, circassiens ou danseurs. Il considère qu’aucun genre musical n’a de primauté sur un autre et a autant d’admiration pour certains compositeurs de musique actuelle que pour les monuments de la « grande musique classique », avec une passion démesurée pour Johann Sebastian Bach qu’il vénère depuis toujours. Il développe une véritable passion pour les musiques traditionnelles, la musique sacrée contemporaine, l’électro, le grégorien ou la musique de film. Voyant l’art comme le vecteur de pensée actuel le plus puissant, il tente de participer autant que possible à des projets engagés. Musicalement parlant, il aime ceux qui parviennent à associer subtilement des langages musicaux distincts, parfois antagoniques, tels Jordi Savall, Armand Amar, Jean-Paul Dessy, CocoRosie, Dead Can Dance, Peter Gabriel, Björk etc.

Parallèlement à sa carrière de chanteur lyrique, il a accordé une partie de son énergie à être directeur artistique de deux structures qu’il a créées dans la même direction que sa vie d’interprète. La première étant l’ArtShake Gallery (salle à Bruxelles ayant proposé des événements artistiques favorisant la communion des arts) et la seconde, Le Rapt Invisible, qui présente sous forme de spectacles ou performances le répertoire sacré ancien, associé à des sons électroniques et à des improvisations, le faisant ainsi passer du côté de la musique actuelle.

Peu importe où sa vie artistique doit le mener, il tient par dessus tout à garder une liberté de choix absolue et sa principale caractéristique : une curiosité insatiable. Maintenir sa technique vocale lyrique lui permettra de ne s’astreindre à aucun choix vocal en particulier, et à pouvoir, sa vie durant, s’orienter vers des musiques variées qu’il aime, continuer son cheminement éclectique et développer cet intérêt pour le crossover. « Ce naturel passionné et inventif ainsi que ce tempérament critique, attachant et sensible en font un artiste original et atypique, participant actif du dépoussiérage de la musique classique et acteur de la vie artistique de son temps. »